QUELLE JEUNESSE SOUFFRE DU CHÔMAGE CHRONIQUE ?

QUELLE JEUNESSE SOUFFRE DU CHÔMAGE CHRONIQUE ?

 

Qui sont les hommes et femmes politiques de nos gouvernements pour parler du chômage ? Comment attendre des solutions efficaces d'eux, quand ils n'ont jamais été au chômage de leur vie ? Comment leur faire confiance quand on voit bien qu'ils ne s'attaquent pas aux vrais problèmes qui causent le chômage ? Comment attendre d'eux qu'ils adaptent les formations initiales selon le marché du travail quand leurs enfants ne seront de toute façon pas au chômage ? Comment espérer qu'ils font une vraie réforme du Pôle Emploi quand ils n'y ont jamais mis les pieds pour voir la misère des demandeurs d'emploi face à ces conseillers emplois mal formés et donc largement incompétents ? Tant de questions que l'on est en droit de se poser !

Tout le monde s’accorde à dire que la « jeunesse c’est l’avenir » de la société française, à gauche comme à droite. Quelle place lui accordent les décideurs et les acteurs de la société dans les processus de décision ? Aucune ! L'équation "incompréhensible" de la jeunesse-avenir (http://www.edilivre.com/l-equation-incomprehensible-de-la-jeunesse-avenir-1e63d8cc3e.html) est plus qu'un sentiment chez les jeunes diplômés qui n'ont pas eu la chance d'être des "fils de".  Pourtant des réponses efficaces aux problèmes de la jeunesse oubliée de France existent. Mais la lutte efficace pour l'emploi a bien l'air d'être le dernier des préoccupations politiques. "Le chômage est [bien devenu] la norme" pour certains, pour reprendre les termes du PDG de la société de sondages et d'opinions politiques "Gallup", Jim Clifton.  

En effet, celles et ceux qu'on peut très bien appeler les "fils de" ne connaissent jamais le chômage chronique qui ronge la masse des jeunes oubliés de France. Le plus gros dilemme auquel les jeunes sont confrontés, c’est le chômage. Ce sont les jeunes oubliés et "enfermés" dans des "quartiers" qui sont les plus frappés par ce fléau chronique qu’est le chômage, et ce sont eux aussi qu’on méprise le plus dans la société. Pourtant, les hommes politiques, de tout bord, ne cessent de leur amadouer, de leur dire qu'ils sont "l’avenir". On voudrait qu’ils nous disent comment et avec quoi ces jeunes pourront assurer et assumer cet avenir qu'ils sont, soit-disant.

Force est de constater que les hommes politiques qui ne font – en réalité – qu’assurer leur avenir personnel et celui de leurs descendants, leurs enfants, ne font qu'amadouer la jeunesse oubliée de France dans leurs discours toujours grandiloquents les uns que les autres, à gauche comme à droite. La politique est un business qui consiste à protéger celles et ceux qui s'y sont investis : "les politiques". Ils ne feront rien pour résoudre le problème des jeunes. Car ce qu'ils veulent ce sont les voix, les votes des jeunes qui ne sont pas des "fils de" dans les urnes, mais ils ne veulent pas de leur bonheur, malgré les discours politiques de tout bord ! C'est là toute la raison de l'inaction depuis toujours en faveur des "non fils de".

Quand on parle de jeunes de France au chômage, en effet, on ne parle pas :

des petits Sarkozy, ni des petits Fillon, ni des petits Hollande, ni des petits Royal, ni des petits Copé, ni des petits Aubry, ni des petits Moscovici, ni des petits Sapin, ni des petits Taubira, ni des petits Jupé, ni des petits Fabius, ni des petits Nathalie Kosciusko-Morizet, ni des petits Michèle Alliot-Marie, ni des petits Touraine, ni des petits Bayrou, pas même des petits Mélenchon - détrompons-nous… La liste est longue. On ne parle pas des jeunes descendants de ces femmes et hommes politiques quand on parle de jeunes chômeurs !

Eux,  ces petits "fils de" et petites "filles de", leur avenir est déjà assuré, qu'ils bossent ou pas, qu'ils fassent des efforts ou pas, qu'ils soient bons à l'école ou pas... Quand les politiques nous disent que la jeunesse, c’est l’avenir, ils ne parlent pas de la jeunesse oubliée de France. Ils parlent de leurs propres enfants et petits. Car ce sont eux qui vont diriger la France demain à coût sûr. Et les jeunes expulsés, bannis et emprisonnés dans les camps que sont les quartiers dits "populaires" ?. Malgré leurs efforts acharnés, toutes les portes de l’emploi leur sont fermées. Ils sont condamnés à la misère. La misère la plus cinglante. Tant de jeunes ont abandonné et tendent d'abandonner leurs études par la fatigue des longs transports pour venir étudier à Paris, à Lyon... car les parents n'ont pas les moyens de payer des studios à Paris... pour eux. Même celles et ceux qui parviennent à décrocher un diplôme malgré ces calvaires, que découvrent-ils ? Le chômage ! Et les "fils de" ? Même s'ils n'ont pas été passionnés par les études, et même sans diplôme, ils parviennent toujours à trouver un coin dans un poste de conseiller dans un ministère, dans une grande entreprise, auprès d'un député ou d'un sénateur (qui est bien souvent soit le père, soit la mère, soit le tonton, soit la tante, soit le frère, soit le cousin, soit la copine ou le copain des parents, etc.). C'est le fameux "réseau professionnel" dont on parle souvent ! Et les jeunes oubliés de France qui n'ont ni parrain, ni marraine dans ce réseau, comment font-ils ?

Ces hommes politiques, justement. Ils veulent tous parler à notre place. C’est le concept du "parler-pour" développé par le pholosophe Guillaume Le Blanc (Que faire de notre vulnérabilité, Bayard Jeunesse, 2011). Mais jamais ils veulent donner la parole aux jeunes oubliés. Pourquoi ? La raison est simple. Car s’ils leur donnent la parole, ils risquent de perdre leurs places et celui de leurs petits. Or, ils ne veulent pas perdre leurs places. Ils veulent dominer, bâillonner les jeunes oubliés à jamais.

Les élections présidentielles de 2017 s'annoncent, et ce sont les mêmes qui avaient échoué hier qui vont encore concourir aujourd'hui encore. Et donc cela ne changera pas car ce sont les mêmes qui vont diriger la France non pas en fonction de ce que le peuple aura décidé, mais en fonction de ce qu'eux auront décidé pour eux et leurs familles. Eh bien, aujourd’hui, il serait temps que ces jeunes oubliés de la République se lèvent et disent : STOP à la démagogie !

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Commentaires (1)

1. Marvin Martin 04/12/2013

Enfin une analyse fine, détaillée et argumentée de la situation en France !

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